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THÈME EN COURS - DÉSOBÉIR
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Une conjugaison des temps de la désobéissance par Claude de la Genardière
utrefois, l'enfance
"Obéis!"
Pour proférer cet ordre, elle se raidit face à son enfant puis se poste en attente. Dans ce temps suspendu, le garçon la regarde: sa mère ne le lâche pas. Il commence à se défaire, imperceptiblement. Mais une autre paire d'yeux s'est braquée sur lui, un autre souffle s'est retenu, celui d'un troisième, le petit frère qui surprend la scène.
L'enfant interpellé, lentement, cède. Il se détourne et s'en va obéir en courbant la tête. Il avale sa rage, ses larmes, son impuissance. La crise ne sera pas pour cette fois-ci.
"Le troisième", lui, a profité de la scène à bon compte. Il s'est projeté et mère et fils. Il a acquis la supériorité sur son grand frère d'avoir assisté à son humiliation et d'en avoir secrètement joui. Il se prépare à en ricaner avec les autres. Quelle délicieuse revanche sur lui en perspective... Mais il sait aussi qu'il ne courbera pas l'échine, lui. Son combat sera avec le père.
Au sommaire du numéro

PRÉ HI HAN BULLES

ARTICLES
Une conjugaison des temps de la désobéissance par C. de la Genardière

Sans hésitation ni murmure par G. Maurey

Hors-jeu (de 5 à 9) par P. Matéo

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Dé/Zob/éir - Ni Dieu, ni Maître par K. Rouquet

Au pays d'Anomie par É. Noël

Il ne se sentait pas en sécurité par É. Noël

Le devoir de désobéissance du fonctionnaire par Claudine Maurey-Forquy

Autrefois, l'adolescence
"Obéir, c'est l'honneur d'un officier !"
Cette phrase paternelle lui a toujours semblé étrange, au "troisième". Dans son monde d'enfant, l'obéissance était plutôt le fait de l'impuissance et de l'humiliation, celles qu'on impose aux "petits", et même aux grands parmi les petits. Un jour, lors d'une tentative de conversation familiale au sujet de la guerre d'Algérie, la phrase paternelle se précise: "Un officier n'est pas là pour penser, il doit obéir!" Très vite, l'atmosphère se charge. Le père, indigné des questions de ses fils, se défend: "Comment pourrait-on reprocher à un militaire d'avoir chatouillé les orteils de quelques fellaghas pour sauver des vies d'officiers français ?"

En cet instant, le monde a basculé pour le petit frère, devenu adolescent. La fracture s'est consommée intérieurement entre lui et son père. Cet officier vénéré autrefois, avec son uniforme et sa casquette étoilée, a d'un coup sombré dans quelque chose d'incompréhensible encore, à mi chemin entre la pacotille, l'horreur, et l'Unheimliche , l'étrangement inquiétant de l'intime.
L'adolescent, désormais, est seul sans savoir pourquoi. Un partage s'est fait pour lui entre les mondes, sans qu'il puisse encore comprendre: ceux où la pensée est possible, libre, et où lui-même pourrait penser, et les autres...devant lesquels sa pensée se fige. Plus tard, il deviendra écrivain. Cependant, être écrivain préserve-t-il de la soumission aux impératifs ambiants, économiques, culturels, bien-pensants? Voilà que le combat continue, non plus contre l'autorité érigée en inhumanité mais contre celle du "ce qu'il faut publier". Derrière l'autorité parentale, l'autorité sociale et institutionnelle. Derrière la tyrannie d'état, la loi de la pensée commercialement uniformisée. Et s'y soustraire voue encore à une angoissante solitude...

Après-coup
Après les blessures d'enfant: les révoltes d'adolescent puis les choix d'adulte. Devenu grand, l'enfant obéissant, quant à lui, a dû s'engager sur des voies privées et professionnelles. Faire obéir et obéir encore... Mais toujours, en lui, est resté un malaise. Il a pourtant appris à penser. Certains mots ont même changé de sens, pour lui. Par exemple "déserteur". Enfant, fils d'officier, il avait toujours entendu ce mot chargé de honte, d'indignité, de dégradation: le déserteur, c'était le lâche, l'esclave de sa peur qui faisait les délices de certains films et romans. Mais quand il a entendu plus tard la parole de résistants français et allemands, d'officiers de l'armée israélienne ou d'appelés de la guerre d'Algérie, tout un pan de son enfance est revenu le frapper en pleine figure: ces héros-là, autrefois, il les avait méprisés! Il n'avait pas compris, trop dépendant des impératifs familiaux! C'est seulement maintenant, père à son tour, qu'il pouvait entendre le combat de ces hommes, la force politique de leur désobéissance adressée non seulement à l'armée, aux citoyens, mais à l'humanité, grâce parfois à la transformation de leur sidération, de leur peur, de leur dégoût les plus triviaux.

Au présent de l'inconscient
A travers ce récit à quatre personnages se déclinent quelques variantes de la désobéissance, reconstruites à partir d'une vie familiale, prise dans l'Histoire. L'imbrication de l'histoire personnelle dans la grande Histoire est un thème largement traité de nos jours, notamment au cinéma, à partir de contextes beaucoup plus extrêmes que celui suggéré par ce court récit. La fiction travaille ces liens complexes dans des films récents comme ceux d'Amos Gitaï, en particulier le dernier "Eden", ou comme "Voyages" d'Emmanuel Finkel. Les créateurs rencontrent là précisément les parcours analytiques de nombreux sujets amenés, pour survivre, à dénouer les fils de leur histoire subjective, inscrite dans la vie familiale, sociale, culturelle et politique, présente et passée, et prise parfois dans des processus transgénérationnels.
C'est dire que la désobéissance elle-même a parie liée avec l'inconscient. Il y a très tôt celle qui s'apparente au "non" du nouveau-né, à la capacité progressive de différencier le oui et le non , au développement de la fonction de jugement, à la négation comme composante première de la structuration psychique . Et puis il y a celle qui se déploye en plusieurs temps, au long de la vie, qui ne s'argumente pas au moment où elle est mise en acte, qui s'impose à côté ou à l'encontre des prescriptions officielles ou implicites, familiales, sociales, institutionnelles, ou pour parer au traumatisme. Désobéissance qui demande ensuite à être repensée, réinvestie. Et c'est parfois ce processus à plusieurs temps qui amène certains désobéissants en analyse, comme je vais tenter d'en donner quelques échos.
Cette femme-là, par exemple, avait dit non aux violences familiales, au non respect de la séparation des rôles d'enfant et de parent, à la honte sociale. Sur le divan, elle parle de ce non comme d'une impossibilité pour elle, à ce moment-là, de faire autrement, une nécessité vitale de changer de monde. Elle est partie. Aujourd'hui, à quarante ans, elle en est à devoir assumer cette désobéissance d'alors, non plus comme une fuite, mais comme un choix subjectif, non plus par clivage, mais dans la reconnaissance de ses origines, de son héritage familial. Et l'épreuve est rude! Elle relit son enfance comme celle d'une fille soumise. Pourtant, elle désobéissait, alors, mais clandestinement. Elle désobéissait à l'impératif de ne pas devenir femme, de rester la sage fille de son père.
Aujourd'hui, se savoir désobéissante comme femme, à ses yeux mais aussi aux yeux intériorisés de son père, la fait encore trembler. Et se regarder femme sans honte, à ses yeux et sous le regard intériorisé de sa mère, la replonge dans le malaise. Elle croyait pourtant avoir fait du chemin, depuis tout ce temps! Mais sur le divan, ses émotions la reprennent toute entière.
Parfois, survivre, c'est désobéir à la honte transmise d'être une femme tout en restant honteuse de cette désobéissance vitale.
Lui n'a jamais désobéi, semble-t-il. C'était toujours "trop tard". Toujours déjà pris dans les liens des autres. Toujours à la merci de l'autre et de sa méfiance, toujours inadéquat. D'ailleurs, "Est-ce-qu'il n'est pas trop tard, à son âge, pour commencer une psychanalyse?" interroge-t-il. Pourtant, il est venu...Le transfert sera-t-il pour lui, enfin, le lieu d'une possible désobéissance?
Cette autre analysante se désespère de n'avoir pas dit non plus tôt. Certes, elle n'avait pas non plus affaire à un ordre. La situation relevait de l'abus, d'un usage paternel abusif de son autorité séductrice sur sa fille. Demande incestueuse assortie de menaces. A huit ans, l'enfant ne pouvait pas dire non. A trente ans, elle s'en veut encore: "J'ai dit non quand j'ai eu la force de le faire, ça a duré quatre ans!"
Le pire pour elle, c'est d'avoir eu affaire à ce qu'elle appelle "la jouissance de l'organe": "L'organe, c'est fait pour jouir!" Le dégoût s'est glissé à jamais, pour elle, dans le sexe. Quelle désobéissance est-elle possible quand le réel du corps envahit la scène jusqu'à la jouissance? Un organe peut-il désobéir? Peut-on désobéir à un organe?
Aujourd'hui, il lui faut une deuxième fois dire non. Il lui faut sortir de cette honte qui l'empêche d'être mère. Sortir de ce pouvoir de la détruire que son père exerce encore sur elle, alors qu'il est mort depuis longtemps. Sortir de cette vieille façon de survivre par "identification à l'agresseur" .
Il y aurait donc l'après-coup de la désobéissance, comme l'après-coup de l'obéissance. Ce qui est subi, enfant, dans une obéissance impuissante, peut devenir l'objet d'une désobéissance assumée, revendiquée, d'adulte. Cependant une obéissance inconsciente d'enfant peut aussi devenir l'objet d'un engagement ultérieur, d'une obéissance assumée après-coup. Il est aussi de ces obéissances et de ces désobéissances qui défient le temps dans la répétition, répétition des situations à la rencontre desquelles se rivent les sujets, répétitions des comportements, des actes, des symptômes.

Au temps des héros
Il y a pourtant ces héros qui semblent savoir ce qu'ils font quand ils désobéissent, les résistants de tous les continents à l'occupation, à la tyrannie, au totalitarisme, à l'extermination...Il y a les cas où ils savent d'emblée où est le bon côté, celui qu'il faut choisir. Et certains ont même pu témoigner des risques ultérieurs de cette certitude-là, celle d'être ou d'avoir été du bon côté! Mais ces cas-là ne résonnent-t-ils pas, comme ceux que nous racontent toutes sortes de fictions, des échos de ces désobéissances différées d'enfant, de ces moments d'impossibles révoltes qui ont préparé le terrain de l'acte accompli ultérieurement ?
Les contes merveilleux, eux, nous parlent de désobéissances apparemment plus sereines, comme faisant partie de l'ordre des choses. Ils ne s'épanchent pas sur les états d'âme des personnages. Pas plus dans leur désobéissance chronique que dans leurs exploits ou leurs obéissances attendues! Mais ils s'évertuent, par leur structure de contes merveilleux, à redire la nécessité pour les héros de s'écarter de la parole donnée, des consignes reçues, du projet initialement conçu pour eux. Ces récits louant apparemment les ordres supposés établis déploient de fait une gamme de scénarios de désobéissance tout à fait impressionnante; une sorte de désobéissance non volontaire mais inéluctable, faisant partie du parcours narratif. Et que l'on n'aille pas croire, sur la base des adaptations littéraires des contes, que seuls les héros masculins désobéissent alors que les filles, trop occupées à subir, n'auraient même pas idée de cette désobéissance si un prince ne les y invitait pas! Couples secrets ou en fuite, princes chassés ou chassant leur princesse, héroïnes mutiques ou avides, victimes increvables, mères non maternelles, pères injustes ou incestueux, tous déclinent à leur façon la désobéissance aux lois, aux valeurs, aux promesses...
Dans cette gamme, la désobéissance va de pair avec la transgression des interdits, l'oubli des consignes, le mensonge, mais aussi la résistance contre l'injustice. Des personnages viennent se mettre en travers de la route des héros pour les tenter, d'autres, au contraire, contrebalancent par leur intervention les carences ou la folie parentales. Un rapport de force s'établit entre différentes autorités dont les enfants héros se trouvent dépendants et secrètement partie prenante. Car le héros de chaque conte est bien fait de chacun des personnages. Et si les dénouements finaux punissent les fautes et répartissent chacun selon sa place dans les générations, ils énoncent aussi fortement l'impossibilité de désobéir à sa destinée d'humain, de mortel: un héros, qu'il soit parent ou enfant, n'a pas à se prendre pour un diable ou une fée ni à se croire immortel! Aucun héros, si magnifique soit-il, ne peut s'affranchir des lois qui font de l'humain un être soumis à la différence des sexes et des générations, et à la mort. Aucun héros ne peut impunément prétendre à l'autofondation.
Ces héros de contes s'avèrent plongés dans un monde déroutant, menaçant, et ne laissant personne au repos malgré l'apparence immuable des résolutions finales. Pour s'y frayer un chemin, il faut pouvoir regarder, s'étonner, aller à la rencontre, demander, se laisser toucher, se tromper, recommencer, pleurer, oublier, être avec chaque personnage. Il faut combattre, persévérer, aider, se faire aider, quitter, aimer, haïr...Rien ne va jamais de soi. C'est la condition même de l'existence du récit. Aucun parcours n'est linéaire, chaque conte a ses secrets et ses lacunes, que ni la structure, ni la résolution finale ne peuvent annuler. Alors, Le Petit Chaperon rouge a-t-il désobéi aux consignes maternelles ou, au contraire, obéi à son désir secret? Le loup n'était-il qu'une mauvaise rencontre ou la figure même de la menace inhérente au désir? Ne s'agit-il pas toujours d'oser un affrontement à soi-même à travers les figures de l'autre, autoritaire, parental, inconnu, et ses lois, dans les contes comme dans la vie?
Les héros de fiction et ceux de la réalité n'ont-ils rien en commun? Ne sommes-nous pas tous un peu Chaperon rouge et un peu Poucet? Ces contes ne parlent-ils pas du pire sous couvert de divertissement? Ne nous mettent-ils pas au défi de savoir saisir l'inadmissible là où s'énoncent des états de fait, un certain ordre des choses, leur répétition, leur immobilité? Le moteur d'un récit est par essence sa désobéissance aux ordres établis initiaux du scénario, qu'ils soient dus aux lois parentales, familiales ou sociales, qu'ils soient le fait de guerres, de famines, de catastrophes.

Obéir au jeu de la métaphore
Récits, fictions, métaphores, ferments de désobéissance à la non pensée, à la peur immobilisante, à la pétrification bien pensante...Raconter pour survivre, c'est bien ce que fait Schéhérazade, mais le plus vif de son acte tient dans la désobéissance à la tyrannie royale, à la folie destructrice de son pouvoir, à sa prétention à éliminer la civilisation. Pourtant, cette folie s'origine dans la désobéissance des femmes, des reines trompant leur mari, et que Schariar a voulu punir radicalement à travers toutes les femmes. Il condamne à mort successivement les jeunes filles pubères du pays après une nuit de défloration passée avec chacune. Schéhérazade, promise à son tour, au lieu d'obéir à son père qui hésite à la livrer, s'offre d'elle-même au roi, dans une apparente obéissance sublimée: mais au lieu de subir une position de victime, elle choisit de lui formuler une demande, à savoir la présence de sa petite sœur, et au lieu de parler ou de se taire, elle raconte.
Voici le roi réintroduit dès lors dans la parole conteuse: il quitte déjà le registre de l'acte sans pensée, de l'acte répétitif destructeur de la civilisation et du temps. Il retrouve le goût de différer, et la suite de chaque conte, et le meurtre de Schéhérazade. La reine, quant à elle, à travers sa voix, redonne la parole aux générations précédentes. Elle est sortie du cadre à deux places imposé par le roi pour s'allier avec l'enfant présente et les morts absents-présents dans leurs contes. Elle a joué sur les tiers, tierce personne, tiers de la parole conteuse.
Etre vivant suppose-t-il la capacité à désobéir? Depuis la désobéissance à l'autorité parentale jusqu'à la désobéissance à la tyrannie totalitaire, y a-t-il aujourd'hui, dans notre société, un chemin de désobéissance spécifique? Y a-t-il la même démesure entre l'enfant et son parent qu'entre le citoyen et l'univers mondialisé? Penser sa vie, penser ses actes, penser le monde est-ce cela désobéir? En est-il ainsi depuis que le monde est monde ou bien cette question est-elle une forme moderne de la désobéissance?
Les contes, les histoires drôles, les jeux de théâtre ont fleuri de tous temps dans les camps et les prisons à travers les continents. Ils ont montré leur nécessité pour la survie psychique. La vie fantasmatique, le jeu, voire le plaisir hallucinatoire, introduisent un écart salvateur entre le dire et le faire, la pensée et l'acte, le désir et le réel. Sans cet écart, propre à chaque sujet mais aussi fruit d'un travail collectif, celui de la culture, de la "Kulturarbeit" , nous sommes voués à la psychose.
Aujourd'hui, notre société se trouve confrontée à une tyrannie à deux faces dont elle est elle-même l'artisan(e). Sur une face: les tentations psychotisantes de la science, quand elle sert à rendre objectives toutes les folies de notre activité fantasmatique, à mettre en acte nos désirs dans la transgression généralisée. Sur l'autre face, la pensée binaire où le langage n'est plus qu'informatif, où chaque question exige une réponse immédiate et unique, où les voies du bien et du mal sont préidentifiées pour tous et mises en "kits", où les aspirations humaines s'énoncent comme des programmes "prêts-à-réaliser", où la satisfaction individuelle n'appelle plus de tiers, où l'inconscient n'existe pas.
Peut-être les foisonnements internautiques sont-ils des foyers de résistance virtuelle à cette objectivation galopante. Ne frayent-ils pas, sur leurs terrains multiples, des chemins de désobéissance entre la solitude et la mondialisation? Peut-être est-il urgent de résister encore grâce à la métaphore, au rêve, à la fiction, voies de désobéissance millénaires et collectives, en les reconnaissant à travers de nouvelles formes, de nouveaux supports. Sans doute la psychanalyse elle-même est-elle aujourd'hui promise à une position de résistance si elle parvient à s'inscrire dans le temps bouleversé de notre époque plutôt que de s'en abstraire. La résistance, au sens psychanalytique du terme, est créatrice d'avancées dans le travail psychique. Elle vient même indiquer, dans le processus de la cure, où cela se passe. Elle est un moteur psychique pour l'analysant et pour l'analyste, qui appelle à l'interprétation. Peut-être est-ce une piste à suivre pour des désobéissances politiques: non pas en rester à la résistance contre ce qui est, mais s'en servir pour ouvrir à l'inconnu de ce qui est déjà là.